Ce vendredi 31 janvier 2026 à 17 heures, les hypermarchés Cora ont baissé le rideau pour la dernière fois. Rayons vides, promotions à -95% et larmes du personnel : la fin d'une époque pour 1.800 travailleurs. François Pirette a par ailleurs rendu un hommage émouvant aux caissières, tout en égratignant le Président du Mouvement Réformateur (MR) Georges-Louis Bouchez suite à ces propos condésandants.

C’est dans l’émotion générale que les sept derniers hypermarchés Cora de Belgique ont fermé définitivement leurs portes ce samedi 31 janvier 2026. La Louvière, Hornu, Châtelineau, Rocourt, Woluwe, Anderlecht et Messancy : tous ont vécu leur dernier jour d’activité après des décennies d’existence. Et avec eux, c’est toute une page de l’histoire de la grande distribution belge qui se tourne.
1.800 travailleurs licenciés, un modèle économique à bout de souffle
Selon nos confrères de la RTBF, la direction du groupe Louis Delhaize avait annoncé en avril 2025 son intention d’arrêter l’activité de ses sept hypermarchés et de ses services support. Le couperet était attendu, mais le choc n’en reste pas moins terrible pour les 1.800 travailleurs concernés par le licenciement collectif.
Comme le rapporte L’Avenir, le groupe avait pourtant tenté de sauver l’enseigne avec une dernière injection de capitaux à hauteur de 30 millions d’euros fin 2024. Mais rien n’y a fait. La recherche d’un repreneur est restée vaine, et les projections économiques futures montraient qu’un redressement à court et moyen terme n’était plus possible.
Un dernier jour chargé d’émotion
Ce vendredi, l’ambiance dans les magasins était surréaliste. Nos confrères de RTL Info décrivent des rayons quasiment vides, des promotions affichant jusqu’à -95% de réduction. À Messancy, une cliente a pu acheter pour 386 euros de marchandises pour seulement 19 euros. Le casier de bière était bradé à 31 centimes.
Mais derrière ces "bonnes affaires", il y a surtout des vies brisées. Une caissière témoigne, les larmes aux yeux : "Des clients disaient qu’à ce prix, ils reviendraient demain. Mais moi, je n’ai plus de travail ! Cora, c’était une famille, retrouver cela ailleurs, ce ne sera pas possible." À La Louvière, à 17 heures, la caissière en chef a officialisé la fermeture définitive du site, la voix tremblante.
Selon Sudinfo, à Châtelineau et Hornu, le personnel a formé une haie d’honneur à l’entrée du magasin pour accueillir les derniers clients. Certains ont débrayé et fermé le magasin en signe de protestation. D’autres ont continué à travailler jusqu’au bout, dignement, malgré la douleur.
François Pirette rend hommage aux caissières avec "Cora : Clap de faim !"
Sur Facebook, l’humoriste François Pirette a publié une vidéo intitulée "Cora : Clap de faim !" pour rendre hommage au personnel des hypermarchés. Déguisé en caissière, il écrit en légende : "Caddies, c’est fini, et dire que c’était la vie de tant de gens autour. Caddies, c’est fini, je ne crois pas que j’y retournerai un jour."
Dans son message, Pirette s’en prend également à Georges-Louis Bouchez, président du MR, qui avait déclaré lors d’une conférence que le métier de caissière n’était pas celui dont tout le monde rêve et que les caissières pourraient être remplacées par des bornes automatiques. "Et non, Monsieur Bouchez, contrairement à votre sortie si méprisante et vulgaire, une hôtesse de caisse ne peut indifféremment être ’remplacée’ par une borne automatique. Si tel était le cas, mais vous êtes tellement ’hors-sol’, pensez-vous que la disparition de cette enseigne populaire susciterait autant d’émotion, de désarroi et de tristesse ?", écrit l’humoriste.
Thomas Dermine, bourgmestre de Charleroi, abonde dans le même sens sur Instagram : "Sur les 1.500 personnes licenciées chez Cora, à peine 150 ont retrouvé un emploi à ce jour dont seulement 80 en CDI. Leur situation mérite mieux que des slogans et de la provocation complètement hors-sol."
Les galeries commerciales reprises par Mitiska REIM
Les galeries commerciales attenantes aux hypermarchés Cora ont été cédées à la société immobilière Mitiska REIM, qui prévoit de rénover les espaces actuellement occupés par Cora et de les subdiviser en unités plus petites pour les louer à de nouvelles enseignes comme Delhaize, Dreamland, Jysk ou Kiabi. L’ambition : recréer 1.500 emplois et proposer en priorité les postes vacants aux anciens travailleurs de Cora.
Une maigre consolation pour ceux qui, pendant des décennies, ont fait de ces hypermarchés bien plus qu’un simple lieu de travail : une véritable famille.
En bref : la fin de Cora en Belgique
- Fermeture définitive des 7 hypermarchés Cora le samedi 31 janvier 2026 à 17 heures : La Louvière, Hornu, Châtelineau, Rocourt, Woluwe, Anderlecht et Messancy.
- 1.800 travailleurs licenciés par le groupe Louis Delhaize après l’annonce de la fermeture en avril 2025.
- Injection de 30 millions d’euros fin 2024 qui n’a pas permis de redresser la situation. Aucun repreneur trouvé malgré les recherches.
- Dernier jour marqué par des promotions jusqu’à -95% : casier de bière à 31 centimes à Messancy, achats de 386 euros pour 19 euros.
- François Pirette publie une vidéo hommage intitulée "Cora : Clap de faim !" sur Facebook, déguisé en caissière.
- 150 personnes sur 1.500 ont retrouvé un emploi selon Thomas Dermine, bourgmestre de Charleroi, dont seulement 80 en CDI.
- Galeries commerciales reprises par Mitiska REIM avec ambition de recréer 1.500 emplois via nouvelles enseignes (Delhaize, Dreamland, Jysk, Kiabi).
- Cora était la dernière enseigne de distribution active du groupe Louis Delhaize après la vente des Match, Smatch et Louis Delhaize.
