Jeffrey Epstein, financier milliardaire mort en prison en 2019, a monté pendant des décennies un système d'exploitation sexuelle de mineures impliquant l'élite mondiale. En 2026, la publication de trois millions de documents relance le scandale.

L’affaire Jeffrey Epstein est l’un des plus grands scandales judiciaires américains du XXIe siècle. Ce financier milliardaire, retrouvé pendu dans sa cellule en août 2019, a orchestré pendant près de trente ans un réseau de trafic sexuel de jeunes filles mineures. Et les révélations continuent : fin janvier 2026, le ministère américain de la Justice a publié plus de trois millions de pages de documents supplémentaires, plongeant l’administration Trump dans l’embarras.
Qui était Jeffrey Epstein ?
Jeffrey Epstein, né en 1953 à Brooklyn dans une famille juive de classe moyenne, a commencé sa carrière comme professeur de mathématiques avant de faire fortune dans la finance. Protégé du magnat du textile Les Wexner dans les années 1980, il devient rapidement un personnage mondain de la haute société new-yorkaise, cultivant un réseau de relations parmi l’élite politique, économique et culturelle mondiale.
Selon nos confrères de la RTBF, Epstein possédait plusieurs propriétés luxueuses : une île privée dans les Caraïbes (surnommée "l’île du péché"), un hôtel particulier à Manhattan, un ranch au Nouveau-Mexique et un appartement avenue Foch à Paris. Son mode de vie fastueux alimentait les rumeurs sur l’origine réelle de sa fortune.
Le système d’exploitation sexuelle
Dès les années 1990, Epstein met en place un réseau d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures, certaines âgées de seulement 14 ans. Comme le rapporte L’Avenir, le système fonctionnait par recrutement en chaîne : des jeunes filles étaient payées pour en recruter d’autres, souvent issues de milieux défavorisés.
Selon Sudinfo, les enquêteurs ont découvert qu’Epstein avait installé des caméras cachées dans ses propriétés pour enregistrer les rapports sexuels entre personnalités et mineures, potentiellement à des fins de chantage. Le réseau opérait dans ses différentes résidences à Palm Beach, New York, au Nouveau-Mexique et dans son île des Caraïbes.
Les condamnations : un accord scandaleux en 2008
La première enquête démarre en 2005 après la plainte des parents d’une adolescente de 14 ans. En 2008, Epstein plaide coupable de sollicitation de prostitution d’une mineure et écope de seulement 18 mois de prison (il n’en purgera que 13) grâce à un accord négocié avec le procureur fédéral Alexander Acosta. Un arrangement qui suscite encore l’indignation : les enquêteurs fédéraux avaient pourtant identifié 36 victimes, dont certaines de moins de 14 ans.
Réarrêté en juillet 2019 pour trafic sexuel de mineures, Epstein est retrouvé pendu dans sa cellule à New York le 10 août 2019, avant son procès. Le médecin légiste conclut au suicide, mais cette mort alimente d’innombrables théories du complot.
Ghislaine Maxwell : 20 ans de prison
Ghislaine Maxwell, fille du magnat de la presse britannique Robert Maxwell, était la complice d’Epstein. Comme le détaille RTL Info, elle recrutait et manipulait les jeunes filles pour le compte du financier. Arrêtée en juillet 2020 dans le New Hampshire, elle a été reconnue coupable en décembre 2021 de cinq chefs d’accusation de trafic sexuel de mineures et condamnée à 20 ans de prison le 28 juin 2022.
Les "Epstein Files" : trois millions de documents publiés en 2026
En novembre 2025, Donald Trump signe le "Epstein Files Transparency Act" exigeant la publication des documents de l’affaire. Le 31 janvier 2026, le ministère de la Justice américain publie plus de trois millions de pages supplémentaires, dont plus de 2.000 vidéos et 180.000 images.
Ces documents révèlent les noms de nombreuses personnalités ayant fréquenté Epstein : Donald Trump (ami d’Epstein jusqu’en 2004), Bill Clinton (qui a voyagé au moins 16 fois dans l’avion privé d’Epstein), le prince Andrew (qui a réglé à l’amiable une plainte pour agression sexuelle), Elon Musk (dont les emails montrent qu’il voulait se rendre sur l’île d’Epstein), Bill Gates, et plusieurs personnalités françaises dont Jack Lang, qui a fait des affaires avec Epstein.
Le département de la Justice américain a toutefois conclu en juillet 2025 qu’aucune preuve ne permettait de lancer de nouvelles poursuites contre des tiers, affirmant qu’aucune "liste de clients" n’existait et qu’Epstein ne faisait pas chanter les personnalités. Une conclusion accueillie avec scepticisme par l’opinion publique et les victimes.
Les zones d’ombre persistent
Malgré la publication massive de documents, de nombreuses questions restent sans réponse. Le caviardage de nombreuses pages et la protection de certains noms alimentent la frustration des victimes. Plus de 100 victimes ont demandé la fermeture du site gouvernemental publiant les dossiers, leurs noms et photos ayant été exposés publiquement, bouleversant leurs vies.
L’affaire Epstein reste un symbole de l’impunité dont peuvent bénéficier les puissants, et de la difficulté pour les victimes d’obtenir justice.
En bref : l’affaire Epstein
- Jeffrey Epstein, financier milliardaire, a monté un réseau d’exploitation sexuelle de mineures pendant près de 30 ans dans ses propriétés (Floride, New York, Nouveau-Mexique, île des Caraïbes, Paris).
- Première condamnation en 2008 : seulement 18 mois de prison grâce à un accord controversé avec le procureur Alexander Acosta, malgré 36 victimes identifiées dont certaines de moins de 14 ans.
- Réarrestation en juillet 2019 pour trafic sexuel de mineures. Mort par pendaison dans sa cellule le 10 août 2019 à New York avant son procès. Le médecin légiste conclut au suicide.
- Ghislaine Maxwell, complice franco-britannique, condamnée à 20 ans de prison en juin 2022 pour trafic sexuel de mineures. Elle purge actuellement sa peine.
- Publication de trois millions de documents en janvier 2026 révélant les noms de personnalités : Donald Trump, Bill Clinton, prince Andrew, Elon Musk, Bill Gates, Jack Lang et autres.
- Le département de la Justice américain affirme en juillet 2025 qu’aucune "liste de clients" n’existe et qu’aucune nouvelle poursuite ne sera lancée, suscitant le scepticisme.
- Plus de 100 victimes demandent la fermeture du site publiant les dossiers après que leurs noms et photos ont été exposés publiquement.
