Il y a 20 ans, la WII nous apprenait une nouvelle façon de jouer


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En novembre 2026, la petite console blanche de Nintendo fêtera ses 20 ans. Un anniversaire qui rappelle comment la Wii a révolutionné l'industrie vidéoludique en démocratisant le motion gaming et en nous offrant l'un des catalogues les plus riches et variés de l'histoire.

Il y a 20 ans, la WII nous apprenait une nouvelle façon de jouer
© Pixabay

C’était il y a vingt ans. Le 19 novembre 2006 aux États-Unis, puis le 8 décembre en Europe, Nintendo lançait la Wii, une console qui allait changer le visage du jeu vidéo. Après l’échec relatif de la GameCube (qui avait un potentiel incroyable et que nous avons apprécié aussi) , la firme de Kyoto faisait un pari audacieux : plutôt que de jouer la carte de la puissance brute face à la PlayStation 3 et la Xbox 360, elle misait sur l’accessibilité et l’innovation avec sa fameuse Wiimote.


Et quel pari réussi ! Avec plus de 101 millions d’unités vendues dans le monde, la Wii est devenue la console de salon la plus vendue de l’histoire de Nintendo. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout un phénomène culturel qui s’est installé dans nos foyers. La Wii a réussi là où personne ne l’attendait : faire jouer grand-mère aux côtés des petits-enfants, transformer les fêtes de famille en tournois de bowling virtuel, et faire transpirer des millions de personnes devant leur télé.


Wii Sports : quand mamie écrasait tout le monde au bowling


Wii Sports, vendu avec la console en Europe, restera le symbole de cette révolution. Cinq sports ultra-simples – tennis, bowling, golf, baseball, boxe – qui ne nécessitaient aucun tutoriel. On secouait la Wiimote et ça marchait. Son petit frère Wii Sports Resort poussera le concept encore plus loin avec le Wii MotionPlus, ajoutant escrime, tir à l’arc, frisbee et douze activités au total. Dans la même veine, Wii Fit et Wii Fit Plus transformaient la console en coach sportif personnel avec leur balance connectée. Des titres qui ont littéralement fait corps avec la machine.


GameCube 1.5 ? Wii don’t care !


Parlons technique deux secondes. Parce que derrière le coup marketing génial de la Wiimote, la Wii cache un petit secret : elle est essentiellement une GameCube survitaminée. Le processeur Broadway ? Une évolution du Gekko de la GameCube cadencé 50% plus vite (729 MHz contre 485 MHz). Le GPU Hollywood ? Le Flipper de la GameCube tournant à 243 MHz au lieu de 162 MHz. Même la mémoire principale reprend les 24 Mo de 1T-SRAM de sa grande sœur. Nintendo a simplement ajouté 64 Mo de GDDR3, du WiFi, et bien sûr tout le système de détection de mouvements.


Certains puristes ont qualifié la Wii de "GameCube 1.5". Mais franchement ? On s’en fiche. Parce que Nintendo a prouvé que l’innovation ne se mesure pas en téraflops. Pendant que Sony et Microsoft se battaient sur les pixels, Nintendo a misé sur une nouvelle façon de jouer. Et ça a marché.


Galaxy brain : les blockbusters Nintendo qui ont tout défoncé


Mais réduire la Wii à cette image de "console raclette" serait une insulte à son catalogue exceptionnel. Commençons par les blockbusters Nintendo : Super Mario Galaxy a redéfini le jeu de plateforme avec sa gravité inversée, ses planètes miniatures et son orchestre symphonique magique. Super Mario Galaxy 2 a enfoncé le clou en ajoutant Yoshi et des dizaines de galaxies encore plus créatives. New Super Mario Bros. Wii ramenait le plombier en 2D avec un mode coopération chaotique à quatre joueurs qui transformait les parties en joyeux bordel.


Côté Zelda, la console a eu droit à deux opus légendaires. The Legend of Zelda: Twilight Princess, jeu de lancement magistral, offrait un Link sombre capable de se transformer en loup, avec des donjons parmi les meilleurs de la saga. The Legend of Zelda: Skyward Sword poussait le motion gaming à son paroxysme avec le Wii MotionPlus : chaque coup d’épée devait être précis, chaque mouvement comptait. L’histoire d’amour entre Link et Zelda et cette direction artistique en cel-shading pastel en faisaient un Zelda à part.


Mario Kart Wii et son volant en plastique blanc reste le Mario Kart le plus vendu de tous les temps avec près de 38 millions d’exemplaires. Le jeu en ligne, douze joueurs simultanés, des pistes iconiques comme le Canyon DK, et ces foutues carapaces bleues qui détruisaient les amitiés. Super Smash Bros. Brawl amenait Snake et Sonic dans la bagarre générale avec un roster démentiel de 39 personnages. Metroid Prime 3: Corruption concluait magistralement la trilogie Prime, avec des contrôles à la Wiimote d’une précision chirurgicale. D’ailleurs, Metroid Prime Trilogy regroupait les trois opus en un seul package collector.


Les séries Nintendo brillaient toutes : Donkey Kong Country Returns ramenait le gorille en plateforme 2D hardcore, Kirby au Fil de l’Aventure (Kirby’s Epic Yarn) émerveillait avec son univers entièrement en laine et tissu, Punch-Out!! ressuscitait la boxe arcade culte, Super Paper Mario mélangeait RPG et plateforme avec un système 2D/3D ingénieux, et WarioWare: Smooth Moves proposait des micro-jeux délirants exploitant tous les angles de la Wiimote.


Et puis il y avait Xenoblade Chronicles, ce RPG monumental de Monolith Soft sorti en toute fin de vie de la console. Des mondes gigantesques, une histoire épique de 80 heures, une bande-son légendaire. Un chef-d’œuvre qui a prouvé que la Wii pouvait accueillir des projets ambitieux jusqu’au bout.


Les pépites tierces : quand les studios ont joué le jeu


Mais la richesse de la Wii, c’était aussi ses portages géniaux et ses exclusivités tierces. Resident Evil 4: Wii Edition restait la meilleure version du classique de Capcom grâce à la visée à la Wiimote. Okami de Clover Studio trouvait enfin son public avec son pinceau céleste parfaitement adapté aux contrôles gestuels. No More Heroes et No More Heroes 2: Desperate Struggle de Suda51 proposaient de l’action ultra-violente et stylée avec un humour trash irrésistible. MadWorld de Platinum Games éclatait les codes avec ses graphismes noir et blanc maculés de rouge sang, son ultra-violence cartoon et son trip post-apocalyptique digne de Sin City.


Red Steel 2 corrigeait tous les défauts du premier opus avec des combats sabre-laser en cel-shading western-samouraï absolument jouissifs. Dead Space Extraction transformait l’horreur spatiale en rail shooter flippant. The Conduit et The Conduit 2 tentaient le FPS sci-fi en ligne. Goldeneye 007 était refait from scratch par Activision, ramenant le FPS de la N64 dans une version modernisée. House of the Dead: Overkill balançait du zombie en veux-tu en voilà dans une ambiance série B jouissive.


RPG paradise : du Japon avec amour


Les RPG japonais se taillaient aussi leur place : Monster Hunter Tri lançait la folie Monster Hunter en Europe avec ses chasses épiques en ligne, The Last Story de Hironobu Sakaguchi (le créateur de Final Fantasy) et Pandora’s Tower complétaient une sainte trinité de J-RPG sortis sur le tard. Muramasa: The Demon Blade de Vanillaware émerveillait avec ses graphismes 2D peints à la main inspirés de l’art japonais traditionnel. Dragon Quest Swords amenait la saga au combat gestuel.


Les trésors cachés : pour ceux qui creusent


Côté jeux décalés et pépites méconnues, la liste était longue : Zack & Wiki proposait des énigmes point-and-click génialement adaptées à la Wiimote. Little King’s Story mélangeait gestion de royaume et exploration façon Pikmin. Epic Mickey de Warren Spector plongeait Mickey dans un univers sombre avec un pinceau magique pour repeindre le décor. De Blob et De Blob 2 coloraient un monde en noir et blanc. Boom Blox de Steven Spielberg proposait des puzzles physiques addictifs. Trauma Center transformait la Wiimote en scalpel de chirurgien sous pression.


The Kore Gang offrait une plateforme délirante mêlant Oddworld et Tim Burton. Lost in Shadow jouait avec les ombres dans une plateforme contemplative. Fragile Dreams: Farewell Ruins of the Moon proposait une aventure post-apocalyptique poétique et mélancolique. Mushroom Men et Deadly Creatures changeaient de perspective en incarnant des créatures minuscules. Silent Hill: Shattered Memories réinventait le premier Silent Hill avec un scénario psychologique qui s’adaptait à vos choix. Disaster: Day of Crisis mélangeait action et catastrophes naturelles dans un délire très japonais.


Party time : quand la Wii transformait le salon en arène


Les multi-joueurs familiaux avaient aussi leur lot de réussites : Mario Party 8 et Mario Party 9 continuaient la tradition des mini-jeux en famille. Rayman contre les Lapins Crétins lançait la folie Lapins Crétins. Wii Play et Wii Party complétaient l’arsenal party-game. Just Dance d’Ubisoft créait un nouveau genre et vendait des millions. Guitar Hero et Rock Band transformaient les salons en scènes de concert.


Même les portages surprises fonctionnaient : Bully: Scholarship Edition de Rockstar, Call of Duty (plusieurs opus adaptés aux contrôles Wii), et même Dead Rising: Chop Till You Drop tentaient l’aventure sur la petite console blanche.


Wii will always remember


Vingt ans plus tard, l’héritage de la Wii est indéniable. Elle a ouvert le jeu vidéo à un public qui ne se serait jamais approché d’une manette autrement. Elle a inspiré toute une génération de technologies (PlayStation Move, Kinect) et prouvé qu’on pouvait gagner sans miser sur la puissance graphique. Son catalogue reste l’un des plus riches et variés de l’histoire du jeu vidéo, mélangeant blockbusters familiaux et pépites underground. Et surtout, elle a créé des souvenirs : ces après-midis à faire du tennis virtuel, ces soirées à danser devant Just Dance, ces moments où toute la famille se réunissait autour d’une partie de Wii Sports Resort.


Joyeux anniversaire, petite console blanche. Tu nous as fait bouger, rire, transpirer et découvrir des mondes inoubliables. Et pour ça, on ne t’oubliera jamais.








En bref : les 20 ans de la Wii


  • Date de sortie : 19 novembre 2006 aux USA, 8 décembre 2006 en Europe. La Wii fête donc ses 20 ans en 2026.
  • Succès commercial : Plus de 101 millions d’unités vendues dans le monde, console de salon la plus vendue de l’histoire de Nintendo.
  • Innovation majeure : Démocratisation du motion gaming avec la Wiimote et le Nunchuck, rendant le jeu vidéo accessible à tous les publics.
  • Architecture technique : Évolution de la GameCube (processeur Broadway à 729 MHz, GPU Hollywood à 243 MHz), souvent qualifiée de "GameCube 1.5" mais qui a prouvé que l’innovation prime sur la puissance brute.
  • Blockbusters Nintendo : Wii Sports/Resort, Super Mario Galaxy 1 et 2, Zelda Twilight Princess et Skyward Sword, Mario Kart Wii, Super Smash Bros. Brawl, New Super Mario Bros. Wii, Metroid Prime Trilogy, Donkey Kong Country Returns, Xenoblade Chronicles.
  • Exclusivités cultes : No More Heroes 1 et 2, MadWorld, Red Steel 2, Epic Mickey, Zack & Wiki, Little King’s Story, The Last Story, Pandora’s Tower, Monster Hunter Tri.
  • Portages légendaires : Resident Evil 4 Wii Edition, Okami, Dead Space Extraction, Goldeneye 007, House of the Dead: Overkill.
  • Pépites méconnues : Muramasa, Fragile Dreams, Lost in Shadow, The Kore Gang, Silent Hill: Shattered Memories, Trauma Center, Boom Blox.

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